やがて 死ぬ yagate shinu Elles vont mourir
けしき は 見えず keshiki wa miezu pourtant pas le moindre signe
蝉 の こえ semi no koe le cri des cigales.
Bashô (Edition Moundarren ou 111 Haiku Edition Verdier)
J'aime cette poésie de l'instant, sans fioritures ni chichis. Pessoa - je reviendrai sur le mausolée dédié à Fernando et devant lequel je me prosterne tous les jours depuis que je me suis pris la giffle du Livre de l'intranquilité - a approché cette esthétique avec le "sensasionnisme" d'Alberto Caeiro : les images n'existent pas, tout ce qui compte, c'est la réalité des choses. Une fleur n'est par exemple le symbole d'aucune passion, d'aucune métaphore, elle n'existe que pour elle-même. C'est la même philosophie qui transpire de ces petits bijoux. Quand Bashô parle du corbeau sur la neige, il ne voit que la beauté de l'image de l'oiseau noir sur le paysage blanc (d'autres préfèreront le plaisir de voir le rouge sang sur la neige, comme Giono). Bref, la simplicité du zen, la naïveté presque...
Un truc dont je suis pratiquement incapable, et donc, que j'admire...