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Bonjour à toi estranger.
Cis se trouve mon blog. N'hésiste poinct à laisser un messasge, commenstaire, ou ton emaille ans la niouse lettre si tu veuls estre informé des nousvelles manuscripts...
4h du mat, j'ai des frissons...
Ca doit bien faire une heure que ce maudit cauchemar m'a réveillé. Encore un rêve dadaiste, mélange de vacances à Venise, d'anciens amants, de sentiments que je ne leur ai jamais donné, et cette amertume tenace qui m'empêche de me rendormir... J'entends en boucle le John Wayne Gacy, Jr. de Sufjan Stevens et je n'arrive pas à le sortir de mon crâne. Encore le spleen qui s'installe, cette même nostalgie du rien, mélancolie douce qui s'écoule lentement.
Je suis amoureux fou de mon mec.
Il m'arrive d'avoir des cauchemars où je le perds, et qui me réveillent en sueur. Sa présence me réconforte, m'appaise. Sa personnalité, à l'exact opposé de la mienne, contrebalance les affres de ma démesure. J'ai tant d'admiration pour lui, tant de reconnaissance pour ce qu'il a fait pour moi, tant d'amour devant sa gentillesse...
Mais tellement de choses me manquent... L'éternel insatisfait et rêveur que je suis m'empêche de goûter au simple bonheur de l'avoir près de moi, depuis bientôt dix ans. La tendresse, le simple fait de pouvoir le tenir par la main, un baiser passionné lors d'une ballade, toutes ses choses qu'il me refuse. J'ai beau me dire qu'il n'est pas expansif, pas démonstratif, que ça fait partie de sa personnalité, que c'est aussi son calme qui m'attire. Il n'empêche. J'ai besoin de ce contact physique qu'il ne me donne pas.
Alors je vais chercher ailleurs ce besoin de tendresse. Et je le fais souffrir...
Un cercle vicieux que je n'arrive pas à rompre.
Il n'est pas le Prince Charmant. Nous sommes d'ailleurs tous les deux trop ancrés dans la réalité pour y croire. Il ne sera jamais affectueux, il ne partagera jamais ses sentiments, il ne me plaquera jamais contre un arrêt de bus dans la rue pour me rouler un patin des plus torrides ni ne profitera de la nuit pour me baiser sauvagement sous un porche. La distanciation a du bon dans la vie quotidienne. Mais pas dans les rêves. Et Dieu sait combien je hais la vie quotidienne. Je n'ai pas choisi un métier artistique pour sombrer dans la vie quotidienne.
Je ne parle même pas des relations sexuelles que nous n'arrivons plus à aborder. Entre la routine insignifiante et les désirs inavoués de part et d'autre, nos relations sont devenues un terrain vague que ni l'un ni l'autre n'osons pénétrer.
Il va bien falloir un jour que je quitte mes rêves d'ado et entrer définitivement dans la vie adulte... Et si la vie adulte n'était pas tout simplement la complète mise à mort de mon mode de fonctionnement actuel? Le qualificatif que me donne le plus souvent les gens que je cotoie est celui de la folie, de l'inconscience. Si je perds ma folie, je me perds moi. Est-ce que ça en vaut la peine? Je ne le crois pas...
Je suis probablement condamné à me consumer de souffrance à petit feu. Il est fort probable que je ne sois jamais totalement heureux, ni avec Lui, ni avec personne.
Et si la vie adulte c'était tout simplement accepter sa vie?
Pourquoi suis-je toujours aussi mal à l'aise au milieu d'un groupe? Je n'arrive pas à m'intégrer dans une entité qui dépasse les 5 personnes. Si j’arrive à m’ouvrir, et parfois à être un tantinet rigolo en petit comité, je ne fais que m'effacer, perdre mon assurance, voire même être carrément stupide ou grossier en groupe. Je perds tous mes moyens, je n'ai plus aucun repère, plus aucun moyen de réfléchir convenablement. Et ça devient carrément handicapant dans des moments comme maintenant où je dois vivre en communauté dans le cadre de la production d’un Didon et Enée en province.
Une semaine complète avec 15 personnes, toutes membres du choeur dans lequel je chante régulièrement, à quoi s'ajoute les solistes, metteur en scène, chef d'orchestre, décorateurs, etc. Je vois certaines personnes qui se sentent comme des poissons dans l'eau, qui frayent sans arrêt avec tant de gens, avec tant de simplicité, qui finissent par former des groupes dans le groupe, et dont je suis forcément exclu, puisque déjà pas intégré à l'ensemble.
Un élément de réponse possible : il faut savoir perdre de sa personnalité pour réussir à intégrer un groupe : la psychologie de l’intime s’efface face à la meute qui réagit plus instinctivement. J’en veux pour preuve un petit incident qui a eu lieu durant cette semaine, et qui m’a d’autant plus dégoûté de l’esprit de groupe. Un échange de mail à travers le chœur, la réponse maladroite d’une des choristes, et la curée par contumace de tous les autres… C’était à celui qui en rajouterait le plus, une émulation malsaine qui tendait aux jeux du cirque : et elle a fait ça, et elle a dit ci, et elle est totalement conne, etc. Là où je m’en veux le plus, c’est d’être resté stoïque. Je n’ai pas eu le courage de répondre au groupe de chiens enragés, de faire face à la meute : oui ce mail était stupide, ses propos peut-être déplacés, mais ça n’était pas une raison pour s’acharner sur une personne qui n’était pas là pour se défendre, surtout quand certains accusateurs avaient tenus les mêmes propos que ceux qu’ils ridiculisaient. Bref, les esprits bien-pensants, prêts à juger du moindre faux pas me dégoûtent. Je ne me sens pas supérieur à eux : malgré ma profonde volonté d’ouverture d’esprit, de tolérance, je sais que j’ai en fait du mal à accepter des fonctionnements différents du mien. Mais quand j’affronte un démon, c’est en règle général en tête à tête, et pas suivant le bon vieux lynchage, la lapidation de la foule contre les sorcières. C’est du même acabit que la propagation de ragots à travers ce même groupe, où les pires horreurs et déblatérations sur la vie sexuelle présumée des membres du chœur se font toujours dans le dos des intéressés. La franchise ne fait décidément pas partie du fonctionnement d’un groupe : c’est en cela que généralement ils m’écoeurent profondément, et que je n’arrive pas à les intégrer.
Nonobstant, la contralto solo (Didon) que j’ai pu approcher en tête à tête est carrément craquante et a le potentiel de devenir une bonne copine. Let’s keep in touch Dido.
Chers adhérents,
Vous qui ne m'avez pas demandé de nouvelles de Francis, je vous en donne quand même. Veuillez prendre acte que Francis n'est plus. Francis nous a quitté en cette journée tragique (sic!), mise en disponibilité. Je ne connais pas encore le/la remplaçant(e) de feu Francis, mais ne plus avoir sa tête de rate myxomatosée au H5N1, son discours réac fielleux et son incapacité crasse... Enfin l'espoir renaît. Peut-être que Dieu a lu mon blog et a daigné répondre à ma demande. Oups... J'espère ne pas être tombé dans la caricature...
Je l'aimais pas Francis? Euh, non, je ne l'aimais pas...
PS : oui, je sais, je n'écris pas des masses, il avance pas ce blog, le mossieu il promet pleins de trucs et il les fait pas... Disons que je n'ai pas beaucoup le temps en ce moment, ni l'inspiration d'ailleurs. Faut croire que j'ai pas assez de problèmes en ce moment. Ca change.
Les bébés fleurissent partout. Ma génération arrive à maturité. Pas un seul mois sans au moins 2 ou 3 naissances dans mon entourage. De par mon "orientation sexuelle" comme ils disent, je suis privé de paternité. J'ai pourtant longtemps rêvé d'être père. J'ai passé toute mon adolescence à remplacer celui qui m'a fait défaut, me disant que je ne pourrais jamais faire pire que lui, que je tenterai d'être un meilleur père, de couvrir d'amour ce petit bout d'Homme, et de l'aider à grandir, ou à parler avec mon meilleur ami de la paternité qui nous manquait à tous deux.
Puis le néant, la rencontre avec Lui, le renfermement sur un petit monde, un égoisme salvateur après avoir passé des années à vivre pour ma mère. J'en garde aujourd'hui des séquelles a priori irréversibles : la phobie des réunions de famille. Il est clair que ma famille est l'archétype même de l'éclatement, de la fissure irrémédiable entre personnes qui n'ont plus rien à se dire. Ma réussite sociale n'aidant pas. J'ai réussi à choper l'ascenceur "social", alors que tous le monde est resté au rez de chaussée, et je l'avoue, j'ai du mal à faire la démarche de redescendre parfois. Alors pourquoi fantasmer sur le problème (sic) de la paternité?
Ma vie actuelle, partagée entre les loisirs, les amis et l'oisiveté (mon confortable gagne-pain en tant que professeur agrégé d'éducation musicale dans un petit collège ne me demandant pas un effort considérable, loin de là, et c'est bien pour ça que je garde cette place en dépit d'un travail plutôt fastidieux) me berce depuis longtemps dans une vie facile où rien ne vient troubler ma quiétude, et je pourrais même dire, mon bonheur avec Lui. Alors pourquoi penser de nouveau à un enfant. Peut-être l'égoiste envie de compter pour quelqu'un, de faire des calins, de s'émerveiller d'une grimace ou d'un mot nouveau. Je ne sais pas ce qu'Il en pense. Une discussion, une blague un jour, m'a fait penser qu'il ne serait pas réfractaire à l'idée...
Père.
Pourrais-je en être à la hauteur.
Suis-je prêt à sacrifier la liberté, le mode de vie, le confort financier dont je jouis actuellement pour un enfant?
Je n'en sais rien. Je n'arrive pas à répondre à ces questions. Mais bon dieu que j'aime ces instants passés avec des enfants dans les bras, à leur parler des étoiles que l'on regarde la nuit, voir leur regard s'illuminer le matin de noël...
Un murmure lointain…
Un ronronnement d'abord à peine perceptible…
Un léger souffle dans les basses fréquences, l'impression d'un acouphène sourd qui semble progressivement disparaître, mais qui malgré tout persiste…
Ce qu’on prenait pour une hallucination auditive s’affirme alors comme réalité tangible, et la fréquence inintelligible se mue en une note précise, un mib extrêmement grave et profond, aboutissement de la vibration moelleuse d’une corde de contrebasse caressée par un archet, et dont l’oscillation palpable à l’œil nu fascine, hypnotise à la fois l’oreille et la conscience…
Graduellement le mib se déploie, se propage, et, comme la flaque d’une inondation qu’on ne peut maîtriser, envahit irrémédiablement le spectre et l’espace sonore. Les sens submergés de stimuli de plus en plus nombreux, la tête se met alors à tourner, les repères physiques et temporels deviennent flous, la conscience s’abîme sur les brisants de l’inconscience, le corps s’abandonne, l’esprit divague et se complait enfin dans une hébétude bienheureuse…
Le Samsâra disparaît, le Nirvâna se précise…
Mais je m’égare…
Quoique…
Car il semblerait que l’Ouverture de l’Or du Rhin seille pleinement à une première arrivée à Tokyo. Cette indéfinissable impression d’unité malgré le mouvement incessant et la disparité, de surgissement soudain issu du néant primordial, sorte de Big Bang urbain où communient le Plein et le Vide, ce foutu mélange de zen et de stress, ou le cliché galvaudé de la tradition dans la modernité, toute cette soupe d’idées reçues et de sensations nouvelles sont dans Tokyo autant que dans cette monumentale Ouverture…
Voici les carnets de route d’un voyage au Japon, cadeau de Lui, véritable course contre la montre, 8 jours pour jouer aux touristes, et finir par se promettre de revenir afin de ne plus l’être.
Je ne sais pas pourquoi, mais j'en suis pratiquement sûr : on a tous notre madeleine à nous. Un truc qui n'appartient qu'à nous, que même Marcel il y a pas pensé et qui nous fait chariver quoiqu'il avirre. Il est même carrément possible d'en avoir plusieurs, des madeleines. Elles s'entassent alors au fond d'un vieux paquet dont le plastique froissé fait plus de bruit qu'un bol de pop-corn durant la projection d'un film suédois sous-titré en danois, et elles baignent dans les vieilles miettes de souvenirs délabrés, un peu rances, qui traînent de-ci de-là... Parfois un mouvement de tectonique en fait resurgir une par l’éruption d’une sensation que l’on croyait enfouie, et nous replonge dans une béatitude sans nom. Certaines sont même cycliques, périodiques. C’est comme ça que chaque année, j’ai mes madeleines. Elles me rendent tout chose, complètement déconnecté de la réalité, insensible à tout, si ce n’est l’irrépressible besoin de préserver le plus longtemps possible aux fond de mes synapses la jouissance quasi physique de cette sensation…
J'ai la chance d'en avoir plusieurs, des madeleines... Certaines resteront vraisemblablement virtuelles, car je suis presque persuadé de ne jamais plus avoir l'opportunité de les retrouver un jour, sans pour autant douter de leur puissance. C'est le cas de cette soupe aux haricots rouges et pommes de terre della Nonna. Je garde un souvenir proche du mythe de cette soupe que ma grand-mère préparait quand j’étais enfant, et je me vois déjà défaillir le jour où j’aurais à goûter cette même recette. La Nonna n’étant plus depuis longtemps, je n’ai pour ainsi dire aucune chance de retrouver cette saveur. Il reste alors la nostalgie, et cette conviction insane.
Mais d’autres madeleines sont bien réelles. On sait pourtant qu’elles peuvent nous surprendre à l’improviste. On souhaite pouvoir être plus malin qu’elles, tentant désespérément de prévenir leurs assauts, de nous préparer à l’extase qu’elles nous procurent subitement et qui nous désarçonne tant. Mais rien n’y fait. Rêveusement, mollement, on se laisse enivrer à chaque coup. On a tous – dans notre adolescence au placard - un meilleur ami hétéro qui était beaucoup, beaucoup plus qu’un ami dans notre esprit, notre cœur, notre queue… Je ne fais pas exception à la règle (il est resté d’ailleurs mon meilleur ami - désolé si tu lis ces lignes, cher luxembourgeois, mais tu peux les sauter si ça te gêne…). C’est alors qu’un regard croisé, un peu trop ressemblant à l’ado de mes rêves, va instantanément me faire voir d’un œil beaucoup plus tendre l’inconnu porteur de ce regard. Ce n’est pas le plus déstabilisant. Les vêtements du présentement luxembourgeois susnommé (oui je le fais exprès !) exhalaient un parfum particulier probablement du à la lessive, l’adoucissant que sais-je, utilisé par sa mère. Rien qu’à l’imaginer, je sens déjà ce parfum agacer mes narines, embrumer peu à peu mon esprit. Je reconnaîtrais cet arôme entre mille, et quand je trébuche dessus, mon corps et mon âme réagissent dans toute leur entièreté, et je ne peux que vous laisser sur votre faim quant à la description de l’état physique dans lequel il me met encore aujourd’hui.
Le tilleul en fleur est la madeleine qui me force à écrire aujourd’hui ce texte. Elle est certes moins voluptueuse, moins sensuelle que celle dont je viens de peindre le portrait, mais elle fait partie des madeleines cycliques qui me reviennent chaque année dans les narines, qui chaque fois me bouleversent immanquablement. Mais aussi mystérieusement… Car malgré les fouilles entreprises au plus profond des limbes de mon cerveau, je n’ai toujours pas réussi à connecter ce parfum à un souvenir précis, voire même diffus. Pourtant, je n’arrive pas à définir cette sensation autrement que comme une madeleine, un souvenir instinctif d’une fragrance qui m’a touchée un jour, et que je porte désormais au fond de ma mémoire.
Mais est-ce primordial de connaître l’origine de l’ivresse qui m’emporte sous ces tilleuls ?... Il vaut mieux je crois laisser ma conscience s’évanouir sous l’effet de ce philtre pour profiter pleinement de l’euphorie de l'instant... parfum oublié elle explose à la mi juin la fleur de tilleul
Hey!, c'est mon premier haikai !!! Ca se fête !!!!!!
Ca fait un bail que je n'ai pas mis les pieds ici. Ce qui m'étonne encore, c'est de voir que des personnes viennent malgré tout visiter le site... Période de conseils de classe, de concerts, de projets... Plus le temps de grand chose si ce n'est de courrir... Il faudrait que je revienne remettre à jour un peu tout ça. Il faudrait...