Il fait mes rides

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Samedi 11 mars 2006 6 11 /03 /Mars /2006 03:14

Les bébés fleurissent partout. Ma génération arrive à maturité. Pas un seul mois sans au moins 2 ou 3 naissances dans mon entourage. De par mon "orientation sexuelle" comme ils disent, je suis privé de paternité. J'ai pourtant longtemps rêvé d'être père. J'ai passé toute mon adolescence à remplacer celui qui m'a fait défaut, me disant que je ne pourrais jamais faire pire que lui, que je tenterai d'être un meilleur père, de couvrir d'amour ce petit bout d'Homme, et de l'aider à grandir, ou à parler avec mon meilleur ami de la paternité qui nous manquait à tous deux.

Puis le néant, la rencontre avec Lui, le renfermement sur un petit monde, un égoisme salvateur après avoir passé des années à vivre pour ma mère. J'en garde aujourd'hui des séquelles a priori irréversibles : la phobie des réunions de famille. Il est clair que ma famille est l'archétype même de l'éclatement, de la fissure irrémédiable entre personnes qui n'ont plus rien à se dire. Ma réussite sociale n'aidant pas. J'ai réussi à choper l'ascenceur "social", alors que tous le monde est resté au rez de chaussée, et je l'avoue, j'ai du mal à faire la démarche de redescendre parfois. Alors pourquoi fantasmer sur le problème (sic) de la paternité?

Ma vie actuelle, partagée entre les loisirs, les amis et l'oisiveté (mon confortable gagne-pain en tant que professeur agrégé d'éducation musicale dans un petit collège ne me demandant pas un effort considérable, loin de là, et c'est bien pour ça que je garde cette place en dépit d'un travail plutôt fastidieux) me berce depuis longtemps dans une vie facile où rien ne vient troubler ma quiétude, et je pourrais même dire, mon bonheur avec Lui. Alors pourquoi penser de nouveau à un enfant. Peut-être l'égoiste envie de compter pour quelqu'un, de faire des calins, de s'émerveiller d'une grimace ou d'un mot nouveau. Je ne sais pas ce qu'Il en pense. Une discussion, une blague un jour, m'a fait penser qu'il ne serait pas réfractaire à l'idée...

Père.

Pourrais-je en être à la hauteur.

Suis-je prêt à sacrifier la liberté, le mode de vie, le confort financier dont je jouis actuellement pour un enfant?

Je n'en sais rien. Je n'arrive pas à répondre à ces questions. Mais bon dieu que j'aime ces instants passés avec des enfants dans les bras, à leur parler des étoiles que l'on regarde la nuit, voir leur regard s'illuminer le matin de noël...

Par pampaking - Publié dans : Life is life.... nanaaaananana
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Commentaires

Salut


Je suis certe trop sensible mais la lecture de ton blog me fait un tel effet que mon jugement s'en trouve altéré. J'ai même pensé que ce ton que je trouvais si délicieux prenait la saveur d'une quelque amertume. La sauce qui prend à travers tes écrits m'apparait aujourd'hui, (dans des sujets qui me travaillent en ce moment) comme un déversement qui manque, non pas de dignité mais peut-être, tout au plus, de retenue. Ok c'est un commentaire d'un malade mental qui ne comprends ce qu'est le principe même du blog, mais il ne demande qu'à être initié à cette cuisine.


Pierre, Paul ou un autre..

Commentaire n°1 posté par Paul le 18/03/2006 à 18h25

Je te salue cher lecteur anonyme...


Tout d'abord merci pour ce premier commentaire. Ca fait malgré tout plaisir de voir que ces textes ne tombent pas complètement dans le vide...


Pour ce qui est de l'indécence que tu peux lire dans ce blog, et de la fonction même de ce déversement d'intime dont tu parles, je ne répondrai qu'un mot : anonymat.


Je comprends la gène que l'on peut ressentir à la lecture de mes textes, ou en tout cas l'incompréhension face à une telle impudeur. Mais je me permets cette impudeur, et d'ailleurs elle m'intéresse particulièrement, parce que je suis un anonyme parmi d'autres dans la masse du web. Je fais particulièrement attention à ne pas donner d'éléments qui permettraient de m'identifier, et même, les proches qui connaissent l'existence de ce blog doivent se compter sur les doigts de ma main ;) Bref, je suis impudique, je l'assume, mais envers des inconnus (ne parlais-tu pas de "Pierre, Paul ou un autre" ? Ne joues-tu pas également avec l'anonymat ? ;)).


Et lorsque je dis que cette impudeur m'intéresse, ce n'est pas par exhibitionnisme (je dis toujours que c'est pas le fait d'être vu qui me plait, mais le risque...), mais tout simplement parce que faire un blog avec les jolies photos de mon anniversaires ou de mes potes dans le métro avec en sous-titre "je vous kiffe les gars" ne m'interesse pas ;) D'une part parce que j'ai passé l'âge, mes élèves sont les maîtres de ce genre d'exercice sur Skyblog, d'autre part parce que je tente malgré tout d'écrire des textes un tantinet littéraires, avec mes pauvres moyens... Enfin, j'exprime ici ce que je ne dis jamais à haute voix : le type que tu peux lire sur ce blog n'a que peu de rapports avec celui que tu croiserais dans la rue. Car c'est justement la pudeur qui te manque ici qui me caractérise dans la vie de tous les jours. Biensûr, je passe pour quelqu'un d'un peu excentrique, voire extraverti, un peu grande gueule, car j'ai tendance à ne pas fermer ma gueule quand j'ai un truc à dire, et parce que je me fous du regard des autres... Mais c'est un vernis que peu de gens repèrent. Toutes les fractures donc je peux parler ici, avec une poésie plus ou moins heureuse,  je ne les fais jamais apparaître. Alors lâcher tout ça dans le vide, avec l'espoir de toucher (au sens émotionnel, d'où la recherche de "littérature" dans ma prose) quelqu'un à l'aide de mes mot, et de ma vie profonde, est un projet d'ordre artistique pour moi. Je ne dis pas que ce blog est une oeuvre d'art, c'est juste la démarche que je qualifie d'artistique : vouloir faire passer une émotion par un médium façonné, ciselé spécialement dans ce but...


Comme d'hab, je ne peux pas m'empêcher de gloser plus que de raison. J'espère n'avoir pas été trop abscons. Merci encore pour ta lecture et ton commentaire. N'hésite pas à répondre si tu le souhaites...

Commentaire n°2 posté par pampaking le 22/03/2006 à 18h31

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