Pourquoi suis-je toujours aussi mal à l'aise au milieu d'un groupe? Je n'arrive pas à m'intégrer dans une entité qui dépasse les 5 personnes. Si j’arrive à m’ouvrir, et parfois à être un tantinet rigolo en petit comité, je ne fais que m'effacer, perdre mon assurance, voire même être carrément stupide ou grossier en groupe. Je perds tous mes moyens, je n'ai plus aucun repère, plus aucun moyen de réfléchir convenablement. Et ça devient carrément handicapant dans des moments comme maintenant où je dois vivre en communauté dans le cadre de la production d’un Didon et Enée en province.
Une semaine complète avec 15 personnes, toutes membres du choeur dans lequel je chante régulièrement, à quoi s'ajoute les solistes, metteur en scène, chef d'orchestre, décorateurs, etc. Je vois certaines personnes qui se sentent comme des poissons dans l'eau, qui frayent sans arrêt avec tant de gens, avec tant de simplicité, qui finissent par former des groupes dans le groupe, et dont je suis forcément exclu, puisque déjà pas intégré à l'ensemble.
Un élément de réponse possible : il faut savoir perdre de sa personnalité pour réussir à intégrer un groupe : la psychologie de l’intime s’efface face à la meute qui réagit plus instinctivement. J’en veux pour preuve un petit incident qui a eu lieu durant cette semaine, et qui m’a d’autant plus dégoûté de l’esprit de groupe. Un échange de mail à travers le chœur, la réponse maladroite d’une des choristes, et la curée par contumace de tous les autres… C’était à celui qui en rajouterait le plus, une émulation malsaine qui tendait aux jeux du cirque : et elle a fait ça, et elle a dit ci, et elle est totalement conne, etc. Là où je m’en veux le plus, c’est d’être resté stoïque. Je n’ai pas eu le courage de répondre au groupe de chiens enragés, de faire face à la meute : oui ce mail était stupide, ses propos peut-être déplacés, mais ça n’était pas une raison pour s’acharner sur une personne qui n’était pas là pour se défendre, surtout quand certains accusateurs avaient tenus les mêmes propos que ceux qu’ils ridiculisaient. Bref, les esprits bien-pensants, prêts à juger du moindre faux pas me dégoûtent. Je ne me sens pas supérieur à eux : malgré ma profonde volonté d’ouverture d’esprit, de tolérance, je sais que j’ai en fait du mal à accepter des fonctionnements différents du mien. Mais quand j’affronte un démon, c’est en règle général en tête à tête, et pas suivant le bon vieux lynchage, la lapidation de la foule contre les sorcières. C’est du même acabit que la propagation de ragots à travers ce même groupe, où les pires horreurs et déblatérations sur la vie sexuelle présumée des membres du chœur se font toujours dans le dos des intéressés. La franchise ne fait décidément pas partie du fonctionnement d’un groupe : c’est en cela que généralement ils m’écoeurent profondément, et que je n’arrive pas à les intégrer.
Nonobstant, la contralto solo (Didon) que j’ai pu approcher en tête à tête est carrément craquante et a le potentiel de devenir une bonne copine. Let’s keep in touch Dido.
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